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Drakwald - Resist Fatality

 

Le folk metal est décidemment un monde plein de surprises, parmi elles, la nationalité de nos groupes préférés. Alors que nous n’imaginons pas des groupes du genre nous venir d’ailleurs que des vertes contrées vikings du Nord de l’Europe, Northland est espagnol, Furor Gallico italien, Eluveitie suisse, mieux, Drakwald est français ! Je suis mauvais langue me direz-vous ! Peut-être, mais vous y verrez là l’émotion d’écouter une telle qualité de son pagan venue tout droit de Tours ! Comme quoi la Loire n’a pas que de jolis châteaux, mais aussi de belles surprises musicales.

 

Ce nouvel opus du groupe tourangeau commence comme il se doit par une introduction solide, « The Drowning » la bien nommée tant elle nous noie dans une émotion épique où la batterie puissante vient comme une délivrance annoncer la suite d’un album tout en mélodie. Le reste de l’album est à la hauteur de ce premier morceau. Un très bon folk metal comme on l’aime, le duo de voix black/death des deux chanteurs du groupe s’accordant vraiment bien, la dimension vocale de « Resist Fatality » est franchement excellente. Nous avons même la primeur d’une voix féminine invitée sur « Enter in the Den of Night ». On aime ou on aime pas (je n’ai pas du tout accroché personnellement) mais la diversité musicale est vraiment une des marques de fabrique de ce premier album d’un groupe qui fera son chemin, souhaitons le. Après avoir écouté ces 9 chansons, dont on peut regretter qu’elle ne soient pas plus nombreuses, j’aurai tendance à classer Drakwald dans la catégorie un peu sombre du folk, clairement tourné vers le death piqué de black, ou inversement.

 

Si « Let the Slaughter begin » (clairement ma préférée de l’album), « Diving in the  Depth of Agogny  » sonnent comme du pagan folk digne de Furor Gillico et de groupe comme Vanir parfois, mettant en harmonie voix puissantes, instruments folkloriques avec une présence marquée de la flute qui fait des miracles, d’autres titres sont clairement plus orientés vers le pagan black. J’ai pris beaucoup de plaisir sur ces compositions plus conformes à l’idée que j’ai du folk metal un peu épique et qui me donnent envie d’enfiler un kilt, de prendre une épée et de me lancer dans un joyeux barnum contre les armées de la chrétienté (désolé, je dérive). Pour autant, les « Escape the Claws of Fate» , «Inhale the Ashes of Honor» et «Giant with Axe» qui sont moins dans le style qui me porte mais sont réellement de grande qualité. Les incursions de la voix death et des chœurs sont diablement efficaces, on en vient à regretter qu’ils ne soient pas plus présents dans d’autres morceaux. En petit cadeau, « When Beer’s Flowing », vous l’aurez deviné, quand une chanson de folk parle de bière, on lache les cheveux, on prend la choppe et c’est parti pour 3.30 minutes de festivité alcoolisée qui nous rappelle encore une fois les « Raise our Horns » de Vanir ou « Beer, Metal, Trolls and Vomit ! » de Nordheim.

 

Un album très complet, mature pour un premier opus, avec lequel on prend un plaisir réel équivalent à celui d’autres groupes bien anciens ou plus connus. Les chœurs, les basses puissantes, la diversité de voix, l’instrumentation riche avec la présence de la divine et rare cornemuse, tout y est. C’est peut-être là le seul reproche à faire à Drakwald pour le coup, que l’ensemble des marqueurs du folk soient présents sur un seul et court album. Manque de caractère ou de maturité, allégeance aux autorités du genre ? On pourrait le penser si le groupe ne montrait pas une maitrise très aboutie de l’ensemble des styles. Il se plaint de trouver tout ce qu’on aime dans un groupe devez vous vous dire ! Si je pinaille sur un  jugement pareil qui n’est finalement qu’un énième compliment déguisé, c’est que l’essentiel est présent. Et puis, en ces temps sombres, nous ne pouvons que souscrire à un titre d’album aussi inspirant : « Resist Fatality » !

 

Actobedios

Note : 8.5/10

Sortie : Janvier 2014

Pays : France

 

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